Différence et diversité
1. Des expériences et questions en CVX
La différence nous pose des questions. De temps en temps (et aussi pendant notre dernière journée
du binôme responsable/accompagnateur) cette question surgit aussi au sein de la CVX.
Quelques membres se posent la question : Est-ce que je me retrouve en CVX? Est-ce que cela
m'aide sur mon chemin comme homme et chrétien? Est-ce que je peux apporter quelque chose à la
communauté? Ou bien : Est-ce que nos chemins sont trop différents?
Mais aussi dans le sens inverse, l'équipe peut se demander : Est-ce qu'on est capable d'accueillir tout
le monde? A quelle degré faut-il entrer dans la démarche de CVX, s'identifier au projet CVX,
respirer l'Esprit de CVX pour que cela soit fructueux - pour l'ensemble de l'équipe et
personnellement. (vivre a partir d'une spiritualité ignatienne, connaitre les PGs et NPs. etc.)
Finalement se posent aussi des questions comme: Est-ce qu'on est capable d'accueillir des
handicapés? - Ou est-ce que cette différence est trop grande?
Ce sont des questions générales, mais aussi concrètement, pendant nos rencontres la différence peut
surgir comme une question. On peut se trouver devant une profonde incompréhension. On utilise
peut-être des mots que tout le monde comprend, mais en même temps ce que l'on veut dire reste
incompris. Lors du deuxième tour (l'interpellation), cela peut faire mal - même si les intentions sont
bonnes. Une question peut être mal prise ou aussi formulée à partir d'un malentendu. Ces moments
peuvent nuire à la confiance ou mener à une blocage. Il peut sembler ainsi que la différence fasse
des problèmes.
Peut-être il n'y a pas une réponse simple à toute ces questions. Je voudrais dans ce topo proposer
deux pistes, qui me semblent centrale sans prétendre à une réponse englobante. D'abord ce n'est pas
la différence qui finalement fait problème - mais son non-acceptation. Et deuxièmement, il faut
assumer d'abord la différence pour être capable d'une unité véritable. Les deux vont effectivement
dans le même sens, mais la deuxième va encore plus loin que la première. Il s'agit en effet de
trouver un regard positif sur la différence.
Notre parcours aujourd'hui consiste en 3 pas. Premièrement je voudrais jeter un regard sur nos
tentatives d'effacer la différence. Le deuxième pas nous approche du message biblique. Finalement
je voudrais conclure avec un témoinage personnel sur mes expériences d'unité et de différence. Cela
me semble plus adapté à notre question.
2.Effacer les différences
Nous partons facilement d'une idéal d'unité et de similarité, et nous jugeons à partir de cela les
différences. Dans cette perspective les différences et les points de frottements peuvent apparaître
comme des problèmes. Il y a en nous un désir profond d'effacer ces différences. On veut sauter
directement à l'unité sans passer par la différence qui est incommode.
Le tour de Babel
L'Ancien Testament nous donne le récit de la tour de Babel, qui nous montre ce désir.
Après que Noé a conclu l'alliance avec Dieu, ses descendants se dispersent sur la terre. Ils marchent
vers l'est vers une grande plaine fructueuse et y ils s'installent. Tous parlaient la même langue et ils
pouvaient se comprendre. Ils construisent une grande ville avec des briques en terre cuite et du
bitume comme ciment. Ils se disent "Nous voulons construire une tour qui monte jusqu'aux cieux.
Elle nous servira de mémorial ainsi nous ne nous disperserons pas sur toute la terre." Et ils
commençent à construire. Dieu regarde de près leur œuvre. Il se dit: "Ils ont maintenant une langue
et ils forment un peuple. Tous ce qu'ils entreprennent va leur réussir". Et Dieu leur confond la
langue. Le peuple ne peut pas poursuivre leur projet car ils ne se comprennent plus. Ils se dispersent
et abandonnent la ville.
On a beaucoup discuté sur l'historicité de ce récit. Il y a près de Babel même deux ruines des tours
qui pouvaient indiquer qu'il y avait bien un lien réelle de l'histoire. Mais au fond il n'est pas
question de trancher entre ce qui est historique et ce qui ne l'est pas. Il est important de voir
l'intention du narrateur.
Ce récit, essaie de affirmer pourquoi il y a la différence et la diversité. Il semble que ce soient elles qui doivent être expliqué et non pas l'unité qui apparait comme un état initial. 1
Dans notre imaginaire de l'unité, tout est possible - on peut même construire jusqu'au cieux sans
avoir besoin de Dieu. Mais dans la réalité même les plus beaux rêves trouvent leur limite dans la
différence qui surgit, resurgit et qui ne se laisse pas extirper.
Il peut sembler que Dieu est montré trop anthropomorphe, c'est à dire avec des traits humains
comme la jalousie et la vengeance. Cela peut nous faire obstacle. Mais c'est ainsi que les hommes
l'ont imaginé à ce moment quand le plus beau projet s'est cassé devant les différences.
D'un côté les grands monuments de l'humanité, par exemple les pyramides d'Égypte - ont été
possible par le travail commun des hommes (aussi le travail forcé des esclaves).
Mais de l'autre côté les totalitarismes nous apprennent aussi quelque chose de la violence qui peut
surgir de l'essai de réaliser un monde utopique, là où le salut est seulement cherché sur terre, et
seulement par la réalisation de l'homme.
Karl Barth marqué comme toute sa génération par la première guerre mondiale, met en avant Dieu
comme le tout Autre - justement en réponse aux nationalismes et une tendance de percevoir le
christianisme seulement comme une culture. Dieu fait là irruption où on ne l'attend pas. L'altérité et 1 et pour l'enfant il est d'abord très étonnant d'apprendre qu'il y a d'autres hommes qui ne parlent pas sa langue. Cf. L'histoire de Marcel Jousse.
la différence ont toujours quelque chose à avoir avec Dieu.
Deux chemins pour effacer la différence
L'homme utilise deux chemins pour essayer d'effacer la différence. Premièrement la violence et
deuxièmement la fusion ou la symbiose.
Le chemin de la violence est bien évidente. J'essaie de soumettre l'autre. De lui imposer mon être,
ma pensée. De lui priver de son identité qui lui est propre. Les chemins de la violence sont
multiples. De la mort de l'autre, jusqu'à sa manipulation sublime il en va de toute lq portée de la
violence.
Mais aussi le chemin de la fusion ne permet pas qu'il y aie une différence. Quelquefois il y a le désir
d'être surchargé avec son individualité, de prendre des décisions responsables etc. On voudrais que
quelqu'un d'autre me dise ce que je dois faire. Cela est plus facile, car dans ce moment, ce n'est pas
nécessaire que j'affronte ma propre différence.
Cela fait que les deux chemins, la fusion et la violence, sont effectivement très proches. Ils ont en
commun qu'ils ne peuvent pas accepter l'autre dans sa différence.
Après les expériences horribles des totalitarismes, le pendule s'est penché dans l'autre direction. Si
on a trop tenté d'effacer la différence, maintenant on a la tendance d'insister seulement sur la
différence. Souvent on est dans le refus de l'autorité et des relations hiérarchiques.
Chacun a le droit de déployer sa liberté personnelle pour devenir justement un être différent des
autres.
Cela conduit dans notre réalité aujourd'hui à des articulation quelquefois assez bizarres:
1. La mode prétend donner un style individuel, différent des autres. Mais en réalité les jeunes
portent tous le même sac, ou les mêmes chaussures. Mais ceux qui n'entrent pas dans le jeux des
marques sont méprisés ou exclus.
2. Dans la discussion actuelle sur le mariage homosexuel, j'ai pu lire une analyse intéressante. Un
homosexuel fait remarquer que la société d'aujourd'hui ne peut pas accepter la différence des styles
de vie dans son sein. Justement le débat sur le mariage homosexuel, sous le prétexte d'être ouverte
pour la différence et de donner à chacun les mêmes droits, conduit a une grande uniformisation où
même les homosexuels doivent entrer dans le schème de famille.
3. Le message évangélique.
Il n'est ni effacer les différences, ni de les expliquer comme seules bonnes et satisfaisantes. Aussi
l'Église dans son histoire a eu de grands problèmes d'articulation entre différence et unité. Les
schismes, les hérésies tout cela fait partie de son histoire.
Elle a donc, comme la société, toujours besoin d'une conversion. Regardons maintenant le message
évangélique et comment il articule la différence avec l'unité.
Nous avons entendu le récit de la tour de Babel. Dans les Actes des Apôtres il y a un autre récit qui
fait entre autres alusion à celui de la tour de Babel. C'est le récit de la Pentecôte.
Les disciples sont, après la mort de Jésus, dans la crainte et la dépression. Ils s'enferment dans une
maison. Ils ont eux mêmes peur de la violence. Tout à coup la maison est remplie d'un violent coup
de vent et des langues de feu qui viennent se reposer sur chacun d'eux. Remplis de l'Esprit Saint ils
prennent courage et commençent à parler. Il y avait à Jérusalem des hommes de toutes les nations
et de toutes les langues qui entendaient parler les disciples chacun dans sa propre langue. Les uns
recevaient leurs paroles dans la foi les autres se moquent d'eux en disant qu'ils avaient bu.
Le récit de Babel part de l'unité. Il aboutit à la confusion, à la non-compréhension et à la dispersion.
Par contre le récit de Pentecôte part de cette situation de dispersion. A Jérusalem séjournent des
hommes de tous les peuples, avec des langues différentes. C'est dans l'Esprit Saint que les gens
peuvent entendre les apôtres parler dans leur propre langue. Il ne s'agit seulement de la
compréhension mais bien de plus, car cela fait l'unité. Mais c'est une unité qui n'efface pas les
différences. Les différentes langues restent, chacun garde sa spécificité. Mais on entend l'autre dans
sa propre langue.
Il y a ensuite ceux qui reçoivent la parole dans la foi et les autres qui se moquent d'eux. L'unité n'est
pas quelque chose qui englobe directement tout le monde. Elle ne s'impose pas avec violence. Mais
c'est un lien qui se crée lentement, d'en bas. Il y a ici ou là quelqu'un qui se joint librement, touché
dans son cœur par ce qu'il entend. C'est ainsi que se forme l'unité.
C'est la manière dont l'Esprit travaille - il conduit vers l'unité, sans effacer les différences. Mais on
peut même dire plus! L'Esprit travaille aussi pour agrandir la diversité.
Nous avons conservé deux lettres que Paul écrites à la communauté de Corinthe. C'est cette
communauté qui lui fait le plus de soucis. Il y a des différences énormes. La communauté est
composée de juifs et de paiens. Deux cultures très différents se trouvent à la même table du
Seigneur. Les uns ont en arrière fond les coutumes de la religion juif, la loi etc. Et les autres sont
fortement influencé par les mystères grecques - c'est à dire des phénomènes exstatiques - parler en
langues etc. Il y a beaucoup de conflits dans cette communauté. C'est à cette communauté que Paul
écrit le parabole du corps et de ses membres.
Le Christ fait l'unité de ce corps - qui est composé de membres si différents. Et chaque membre a
une fonction particulière pour le corps. Le pied ne peut pas dire, je ne suis pas l'oeil donc je
n'appartient pas au corps. Et l'œil ne peut pas dire au pied, tu n'appartient pas au corps car tu es
indigne. C'est justement en devenant vraiment le pied ou vraiment l'oeil que l'on peut apporter le
sien dans l'unité du corps.
Il y a donc une dimension du travail de l'esprit qui est universalisante, mais en même temps une
dimension qui est singularisante. En assumant jusqu'au bout la différence elle devient diversité en
unité.
Ce qui est décrit là, nous le célébrons dans chaque eucharistie. Nous mangeons le pain qui nous
nourrit individuellement, et c'est le corps du Christ mystique qui nous inscrit dans une dynamique
de croissance.
Dans cette dynamique aussi des différentes compréhensions du Christ peuvent trouver leurs places.
La bible nous transmet une diversité de perspectives sur la personne du Christ. D'abord il y a les
lettres plus discursives et ensuite il y a les évangiles plus narratifs et concrets. Ce sont en plus
quatre évangiles différents qui nous montrent le Christ - c'est bien le même, mais sous des angles
différents. Réduire le message chrétien sur des formules prêtes à croire, ce n'est donc pas possible -
car il y a là déjà une diversité de langages.
4. Chemins vers un accueil de la différence (unité en diversité)
Johann Adam Möhler (théologien de l'école de Tübingen) a réfléchi sur la différence et la diversité
dans l'Église. Il donne une très belle image: Imaginons un chœur qui chante. Bien sûr il est possible
que les membres chantent tous la même voix. Mais si on maitrise bien on peut employer plusieurs
voix. Chacun peut chanter à la hauteur de ce qui lui est proche: les voix de basse et les voix de
soprano. On a pas besoin de se forcer, et dans ce moment les différents voix se mettent en valeur
naturellement. Il y a une harmonie qui se dégage. Cette harmonie peut aussi inclure des tensions au
bon moment.
J'ai vécu une telle situation en réalité. Dans la paroisse à côté de la communauté où je faisais ma
régence, il y avait un chœur de togolais. Normalement ce chœur devrait mettre la communauté en
fête. Déjà l'entrée dans la célébration était une danse et un chant. Et même les gens du nord, qui ne
montrent normalement pas trop leurs émotions - commençaient à bouger dans les bancs. Mais un
jour ce fut la catastrophe, tout ce que le chœur produisait devenait une cacophonie de voix qui ne
s'accordaient plus. L'esprit de fête ne s'est plus répandu. Mais qu s'était il pqssé? Il y avait de la
discorde dans le chœur et cela se faisait sentir dans toute l'assemblée.
Ce qui a guéri ce chœur était la prière et la parole ouverte et franche. Et les deux vont ensembles -
nécessairement. On peut dire: J'ai prié pour l'autre, mais qu'est-ce que tu as fait pourque cela
change. La prière est nécessaire mais cela ne suffit pas. Et de l'autre côté, la parole aussi peut être
violente. Il faut donc les deux ensembles. La parole avec l'écoute. Il faut parler de ce qui pèse sur
nos relations - mais il faut aussi écouter l'autre dans sa perspective sur la chose. Sinon on ne peut
pas arriver à une harmonie.
Il n'est pas nécessaire d'avoir directement une compréhension de l'autre de cent pour-cent. Mais c'est
la quête de le comprendre qui compte. Saint Ignace dit dans les exercises spirituelles qu'il faut
toujours être prêt à sauver la proposition de l'autre. C'est à dire: ne pas condamner directement -
mais voir ce qui est positif dans la proposition de l'autre.
La vie en commun n'est pas facile. Soit en famille, au boulot, en communauté où il y a des
problèmes. C'est aussi le cas chez les chrétiens. Nous ne sommes pas mis à l'écart de ce monde. Ce
qui nous lie c'est la suite du Christ. Et de savoir que l'autre est aussi sur ce chemin est quelque chose
de très fort. Mais le savoir ne suffit pas il faut le sentir.
Chez les jésuites, il y a une diversité de différences qui est impressionante. Ce ne sont pas nous qui
nous nous sommes choisis. L'énorme différence est une bénédiction car elle est une richesse. On
peut beaucoup apprendre de l'autre. On peut se parler à table et on peut vivre ensemble. Mais elle
peut être aussi problématique quand la compréhension est perturbée.
J'ai vécu une situation avec un autre jésuite comme cela, où il y avait quelques remarques
sucessives, normalement pas très graves, mais de petits piqures quand même, qui sont restées entre
nous. Une parole n'est pas beaucoup - donc on pense ce n'est pas nécessaire d'en parler. Mais un
plus un plus un plus... Lentement il y a avait une montagne qui est monté entre nous deux. Avec
pour résultat, à un moment donné, de ne plus se voir. On voyait seulement ce tas de choses laides.
La communication interrompue, je sentais chaque fois que je voyais ce frère la colère monter en
moi.
A un moment je n'en pouvais plus et je lui ai dit qu'il fallait que l'on disais à lui, il faut qu'on parle
sérieusement de ce qui se passait. Et lui a accepté. On a petit à petit parlé des choses qui se
trouvaient entre nous. Et l'ambiance était telle qu'on pouvait voir les malentendus et les côtés de
notre caractère qui y ont conduit. Il n'y avait pas de mauvaise volonté.
Ce qui m'a consolé le plus était de voir chez l'autre qu'il cherchait aussi vraiment à suivre le Christ à
sa manière. Et qui n'est pas la mienne. Mais on est tous les deux disciples. On n'est pas aujourd'hui
les meilleurs amis. On a encore tous les deux notre caractère et notre manière très différente. Mais il
n'y a plus la colère qui monte intérieurement ou le silence glaciale. Pour moi c'était un rencontre qui
donne la vie et qui fait que chacun devient plus lui même. Ce n'était pas dans l'affirmation de soi
même mais dans l'affirmation de notre différence que s'est trouvé l'ouverture.
On a besoin de l'autre. Pas dans la manière qu'il me dise ce qui est juste et ce qui est mauvais. On a
pas besoin de cela. Et l'autre n'a pas besoin de cela non plus. Mais j'ai besoin de l'autre pour me
reconnaitre moi même. Et cela je le peux seulement en reconnaissant l'autre. Mais les deux sont lié.
Reconnaissance de moi et reconnaissance de l'autre vont ensembles.
Il y a eu une sorte de purification, qui était possible par cette reconnaissance. On a reconnu son
propre caractère, ses fautes aussi. Mais on a aussi reconnu de l'autre son caractère, sa suite
authentique du Christ.
Il y a aussi un aspect de réconciliation et de pardon dans cette histoire. Qui est proche de la
reconnaissance et qui est extrêmement importante pour vivre dans nos différences qui heurtent
nécessairement.
Je ne vous raconte pas cette histoire pour dire que toutes les relations problématiques doivent aller
comme ça. C'est une exemple que j'ai vécu, et qui me donne l'espérance. Je la garde en mémoire je
la rumine pour ne pas l'oublie et tomber dans le désespoir quand je vis des situations qui ne se
resolvent pas de la même manière.
Je voudrais à la fin revenir sur la compréhension. Je dois penser à une histoire qu'un vieux prêtre
m'a raconté sur la prédication.
Quand il était jeune prêtre il priait chaque fois avant son sermon. "Seigneur fait que les gens
comprennent ce que je dit." Ensuite il s'est rendu compte que ce n'était pas cela la bonne demande.
Et il continuait à prier "Seigneur fait que je dise ce que tu veux dire." Très bien jusqu'à ce point,
mais il fallait encore transformer la demande. Aujourd'hui il demande: "Seigneur fait que les gens
comprennent ce que tu veux dire."
D'abord il y a en arrière fond de cette histoire le fait qu'on comprend jamais à cent pourcent ce que
l'autre veut dire. Si on se rassemble dans un groupe après une intervention pour discuter, on se
demande quelque fois: Est-ce que les autres ont suivi la même intervention que moi? Il parle des
choses que je n'ai jamais entendues. Cela nous montre que notre compréhension diffère selon nos
expériences que nous apportons. Même si je pense chez moi - je sais ce que l'autre doit faire pour
dissoudre son problème - il n'est pas dit qu'il peut l'entendre parce qu'avec ses expériences il entend
le message tout autrement. Il faut avoir espérance que l'Esprit ne joint l'autre à travers notre parole
comme il le souhaite et le faire avancer sur son chemin.
C'est l'attitude du prêtre qui change. Il s'efface de plus en plus, il devient transparent pour la parole
de Dieu, car c'est elle qu'il faut entendre. Il ne prétend plus d'avoir la bonne nouvelle toute prête,
que les autres doivent seulement comprendre. Mais il reconnait qu'à travers ses paroles, il devient
transparent à l'Esprit et quelque chose peut se passer.
Entendre l'autre dans sa langue, le comprendre est le don, donné par l'Esprit Saint. C'est l'avènement
de Pentecôte qui dépasse notre désir babylonien intérieure. Avec cela les problèmes autour de notre
différence ne sont pas dissout. Mais cela indique un peu le chemin qu'il faut prendre pour que la
tension puisse-être fructueuse et non pas destructive.